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dimanche, mai 25, 2008

Le règne de l'égoïsme

433600031.jpgEt voici les rumeurs de grèves des fonctionnaires qui recommencent… sous la frustration toujours grandissante des non fonctionnaires. C’est qu’à Paris lorsque les transports en commun cessent, c’est le chaos. Deux heures de marche à pied pour certains, réveil à trois heures du matin puis attente infinie d’un RER qui ne viendra peut-être pas pour d’autres…

Ces heures perdues, ces absences non intentionnelles au travail sont-elles remboursées ? Bien sûr que non. Sans compter la fatigue physique des mères de famille qui habitent en banlieue  et qui doivent encore faire à manger en rentrant épuisées le soir ou la déception morale d'un chômeur qui a finalement obtenu un entretien au bout de deux ans et qui ne peut pas s'y rendre.

Alors comment ne pas comprendre la fureur qu’engendre l’annonce de grève de la part de personnes qui peuvent freiner le système sociétaire entier ?

 Certaines grèves sont plus justifiés que d'autres, disons qu'elles sont mieux comprises: personnel hospitalier, pêcheurs, etc. parce qu'on sait  qu'ils manifestent pour des conditions de travail meilleurs, voire un semblant de salaire digne...mais les fonctionnaires, eux, sont rarement supportés dans leurs revendications. On leur reproche souvent de refuser la remise à niveau intenté par les gouvernements.

Je ne veux pas tomber dans le piège facile de lynchage systématique des fonctionnaires, comprenant qu’étant ancré dans un agréable quotidien ils se battent pieds et mains pour préserver leurs privilèges (grands pour certains, petits pour d'autres), ce que je reproche néanmoins est le fait, qu’en réagissant ainsi, en ne voulant rien changer au système, ils font preuve d’un égoïsme sans égal. Ce que je comprends le moins est le refus catégorique de repousser l'âge de départ à la retraite –contrairement aux autres professions, ce qui fait que certains se retrouvent à 55 ans et moins à se la couler douce- et le fait également qu'ils ne veulent en aucun cas qu'on touche à leurs privilèges (dont l'incroyable sécurité de l'emploi, ce qui en soi est quand même un sacré avantage) qui datent pour certains de plus d'un siècle . Ma question est donc la suivante : en quoi s’octroient-ils le droit de travailler "moins " (d'heures en l'occurrence) ou du moins "moins longtemps "que les autres ? Comment justifient-ils une telle injustice ? Ne pensent-ils pas à l'avenir de leurs propres enfants? Certains prétendront que tous les fonctionnaires ne se la coulent pas douce comme certains semblent l’imaginer, et là-dessus je suis totalement d’accord ayant moi même de la famille dans ce milieu parfois injustement méprisé, néanmoins je pense ne pas me tromper en disant que le monde change, il me semble juste de changer avec…

Perdre des privilèges, même minimes, travailler plus pour gagner un peu moins, n’enchantent personne, mais si ça peut aider un plus grand nombre de personnes qui eux malheureusement n’ont pas ce genre de légers soucis  à mieux vivre voire à survivre, comment s’y refuser ?

Il ne faut pas penser qu’à soi, regarder son nombril, ses intérêts…au contraire il faut essayer d’ouvrir ses œillères et de voir le monde dans son ensemble, davantage encore à notre époque où la nature se rebelle et notre monde peine à rester en santé, nous devons nous tenir coude à coude et penser au prochain. C’est notre seule chance de survie.

Personnellement je travaille depuis de nombreuses années dans l’hôtellerie. Pendant longtemps j'ai été réceptionniste, je commençais à 6heures du matin ou terminais à 23 heures, je travaillais les jours fériés (la plupart sans recevoir de prime supplémentaire) et en dix ans, je n’ai jamais pu passer un weekend en  famille. Outre les conditions de travail éreintantes du milieu hôtelier, le salaire est rarement très alléchant :  le smic généralement et pourtant je parle 6 langues. Donc si je voulais parler d’injustice, je me dirais : pourquoi quelqu’un comme moi qui a fait des études, a de l’expérience et parle six langues est payé au même niveau qu’une femme de chambre illettrée ? Voilà ce que je pourrais ruminer à longueur de journée…

Mais en y pensant bien, en quoi ai-je le droit de réclamer d’être privilégiée par rapport à des personnes qui travaillent physiquement plus dure que moi et qui se retrouvent le dos cassé entre autres problèmes bien plus graves de santé après 15 années de service simplement parce qu’elles n’ont pas eu la chance  d’étudier et de voyager ?

Nous ne parlons pas là de justice sociétaire mais bel et bien de justice humaine : en quoi mériterais-je plus d’argent ou de privilèges simplement parce que je suis plus éduquée ?

C’est pourquoi je pense qu’il vaille mieux éviter les extrêmes pour privilégier l’égalité et ainsi envisager les choses du point de vue « humain ».

Comme je l’ai dit plus haut :

Le monde change et nous nous devons de changer avec.

samedi, avril 19, 2008

Le mythe du méchant requin et autres bêtises humaines

0424e318fb5c450258c2528b0d05d4af.jpgJe vous écris pour vous inciter à regarder Sharkwater -titre français: les seigneurs de la mer-, un documentaire qui passe au ciné sur les requins, et le massacre dont ils sont victimes, leur faisant prendre du fait le chemin de l'extinction. C'est incroyable la désinformation qui tourne autour de ceux-ci (le méchant monstre est en fait un curieux timide qui aime étudier les étranges créatures que sont les hommes lorsqu'ils pénètrent dans son domaine, à savoir l'Océan). Le film nous montre à quel point ils sont utiles voire essentiels pour le cycle planétaire et notre propre survie à nous, les hommes, et nous dévoile l'horrible trafic dont ils sont les victimes - 10000 requins sont tués toutes les heures.a7a2f23265bd4f8685898f2b1e15bbcc.jpg


Dans les pays asiatiques, les ailerons de requin sont devenus à la mode, ils coûtent environ 200 $, une soupe d'aileron de requin coûte dans les 90$. Du coup Ils attrapent les requins, leur coupent, encore vivants, l'aileron, et les rejettent dans la mer, la gorge parfois tranchée et vivant; évidemment ils y meurent dans d'horribles souffrances.

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Regardez-le et si comme moi vous vous sentez concerné par le sort injuste qu'on fait vivre à ces créatures, visitez le site et signez la pétition. 
http://www.sharkwater.com/
 
C'est ironique de se rendre compte que finalement l'Homme mourra de ses propres mains...

 

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vendredi, février 22, 2008

Atatürk, si tu savais...

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La Turquie à l’instar du Liban est l’exemple même que l’islam peut très bien s’allier avec la laïcité lorsque le peuple y met du sien.

Tempéré, souple, l’islam turque, tel que le vivent la plupart des turques, ne fait pas peur. Prenez un thé à la pomme sur la colline d’Alanya, admirez les mosquées au lever du soleil à Istanbul,  taillez une bavette avec un marchand de tapis à Antalya…aucune animosité dans l’air. On se sent en sécurité.

Pourquoi autant de jeunes turques, étant nés ou ayant grandi en Allemagne, retournent-ils dans leur pays d’origine un fois leur majorité entamée ? Parce qu’ils ont foi en celui-ci, foi en son potentiel, foi en son avenir. La Turquie est un pays jeune, dynamique, riche en histoire donc en culture et en merveilles naturelles. La Turquie est donc un pays prospère en tourisme, et le développement touristique d’un pays est presque toujours signe de tolérance.

Certains clament que la Turquie est une petite Allemagne. Ce à quoi je réponds : quoi de mal à l’émancipation ? Parce que c’est bien ce dont il agit. Qu’on compare un pays musulman à un pays occidental est bel et bien un signe d’émancipation. Or c’est ce qu’est la Turquie. Une femme plantureuse, émancipée, et pourtant droite, fière, pas une femme facile comme ces pays où ne subsistent plus aucun signe de moralité et qui se baladent la culotte à la main, non, la Turquie est une femme qu’on regarde de loin sans oser l’approcher de crainte qu’elle ne soit fatale, un peu comme ces plantes orientales d’une beauté vénéneuse. La Turquie, encore mystérieuse aux yeux de nombre d’européens, est un pays qu’on respecte.

Or cette émancipation du pays n’a été possible que grâce notamment à la laïcisation du pays par Mustafa Kemal Atatürk, premier président de la République de Turquie et admirateur de la Révolution Française, qui en 1934 (10 ans avant la France) donna le droit de vote aux femmes et interdit  le voile dans la fonction publique et les universités*.

C’est toujours la laïcité qui permet d’avancer.

Les défenseurs de la levée de l’interdiction du hijab soulèvent les droits de l’homme : on ne peut pas fermer la porte à une personne à cause de sa religion. Or on ne parle pas ici d’hostilité envers une religion, la Turquie elle-même étant musulmane, nous parlons d’affichage ostensible d’une religion. Donc moi je demande : et le droit à la laïcité dans tout ça ? N’est-ce pas le choix le plus juste dans ces temps instables de conflits al-quaïdiens ? N’avons-nous pas eu justement cette dernière décennie suffisamment de preuves qu’il vaut mieux garder sa foi pour soi. L’afficher étant bien souvent vu comme de la provocation à l’instar des jeunes adolescentes pro-hijab dans les banlieues françaises ?

Ma question est donc la suivante : lever l’interdiction du voile notamment dans les universités alors que depuis près d’une huitaine de décennies on l’a aboli, n'est-il pas faire un pas en arrière ? A un moment où la Turquie est en route pour l’européisation, ne représente-t-il pas justement un nouvel obstacle pour son acceptation ?

Certains me feront remarquer que 403 députés sur les 550 présents ont voté en faveur de ce voile, ce à quoi de nouveau je réponds : combien y avait-il de femmes parmi eux ? Car après tout, cette histoire ne concerne-t-elle pas principalement les femmes ? N’est-ce pas elles, justement, qui doivent souffrir d’ainsi se laisser « distinguer » ? Je peux difficilement m’exprimer à leur place, mais en tant que femme, je me permets d’imaginer que pour notamment les féministes turques, que cette nouvelle loi horripile comme vous pouvez bien l’imaginer, la vision de ce voile est signe d’oppression et de perte de ce qui était acquis. Or depuis quand un peuple qui veut se développer regarde-t-il en arrière ? Rien de bon n’est jamais arrivé en copiant les choses du passé.

En y réfléchissant plus profondément, je ne pense pas que ce soit le voile en lui-même qui fasse peur, c’est ce qu’il représente. Admettons donc que le voile soit accepté, non sans avec certitude la fin de la paix en Turquie car soyons sincères, tout le monde ne s’y conformera complètement ce qui engendrera d’éternels conflits qui naturellement s’aggraveront lorsque des cellules plus extrémistes voudront faire clamer leurs droits, car alors droits ils auront, néanmoins admettons que celui-ci soit accepté dans les universités, qu’est-ce qui nous dit que d’autres requêtes plus astreignantes et oppressantes ne suivront pas ? Ce pied de nez à la laïcité n’est-il pas juste une porte ouverte à d’autres requêtes islamiques plus extrémistes ?

Voilà, cher Atatürk, où en est ton pays. Ne t’inquiète pas. Tous tes enfants ne se retournent pas contre toi, le père de la laïcité et de l’occidentalisation de ton pays, des centaines de milliers d’entre eux, la plupart des femmes, parcourent les rues pour faire entendre ta voix. Et je suis de tout cœur avec eux, parce que je suis fier de toi, fier qu’un homme au début du XIXe siècle ait pu voir aussi clair et ainsi ouvrir le chemin de la tolérance à un peuple au passé pourtant belliqueux.

Nous savons tous que la laïcité est la clé du développement ; qu’elle seule peut sauver un pays. Ne laissons pas la provocation et l’intégrisme bouleverser tout ça.

* craignant une guerre civile, à l’époque, il se contenta de le « déconseiller »

 

mardi, janvier 30, 2007

Le règne des lâches

Avez-vous entendu parler de Wesley Autrey, le maçon new-yorkais qui sauva la vie d’un adolescent dans le métro ? Après lui être venu une première fois en aide alors qu’il s’étranglait (probable crise d’épilepsie), il vint de nouveau à son secours amedium_broken_doll.jpglors qu’une autre crise avait fait basculer le garçon hors de la plateforme. Sans hésiter, Autrey sauta sur les rails alors même que le train entrait dans la station, puis comme il calcula qu’il ne parviendrait pas à remonter le corps à temps, il le poussa entre les deux voies puis le protégea de son corps pendant que cinq  wagons du train passaient au dessus de sa tête. Ils s’en sortirent tous les deux sans une égratignure.

A l’émission de David Letterman, the Late Show, un humble et patriotique Autrey interpréta son acte de bravoure comme une réaction simplement  humaine et rendit hommage aux vrais héros, à savoir les militaires qui se battent en ce moment en Irak pour que les gens aux Etats-Unis puissent avoir la possibilité de « choisir » (et certains choisirent de ne pas aider l’adolescent en crise puisque seulement trois personnes vinrent à son secours lors de sa première crise alors que la station de métro était pleine).

Evidemment l’action de ce héros à l’américaine est extrême. Je ne sais pas si beaucoup d’entre nous, même parmi les plus courageux, auraient choisi cette solution…et je ne les en blâmerais pas, ceci soit dit en passant, mais je ne pense pas me tromper en alléguant que s’il existait plus de Wesley Autrey dans le monde, celui-ci se porterait certainement mieux.

Hélas le monde est infesté de lâches. On n’a pas besoin d’être un super héros pour faire du monde "a better place" mais c’est souvent avec des petites attentions qu’on fait changer les grandes institutions.

Tenez, pas plus tard que le mois dernier, j’étais à une boulangerie lorsqu’une femme surgit, désespérée, à l’intérieur pour hurler que son petit ami lui courait après pour la « dérouiller ». Vous auriez dû voir le visage impassible des gens présents. En l’espace de quelques secondes un mur s’érigea entre ces personnes réunies dans l’indifférence et ce bout de femme, tremblotante, qui avait besoin d’aide. Maudite Boule de Suif qui osait perturber leur misérable petite existence. Lorsqu’elle demanda qu’on appelle la police, la boulangère refusa. Ce fut un des clients et moi-même, qui  nous approchâmes d’elle pour lui proposer notre téléphone portable. Le cœur serré, je me rendis compte qu’un autre sentiment prédominait celui de la gratitude dans ses yeux, c’était celui de la honte.

Bande de lâches, avais-je envie de leur hurler, bande de petits êtres inutiles qui ne veulent surtout pas se mêler de ce qui ne les regarde pas. C’est à cause des gens comme vous qu’une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, que des gamines se font violer impunément dans les trains, ou encore que des millions de personnes se font déporter dans des camps de la mort…non, je n’exagère rien, c’est votre indifférence qui rend possible ces actes pitoyables.  

Vous savez comment on appelle votre comportement en terme juridique ? De la « non-assistance en personne en danger ». Et laissez-moi dire que si je vous y reprends, je ne vous lâcherai pas, j’irai jusqu’au bout, jusqu’à ce que des doigts vous pointent comme complice et que la honte, en tant que châtiment, vous étouffe.

Il y a pire, à mes yeux, que les hommes qui battent leur femme et autres énergumènes du genre, parce que eux ce sont des bêtes sauvages, la plupart sans l'ombre d'une conscience, alors que les lâches, eux, savent pertinemment ce qu’ils font…

Et que pour la lâcheté, il n’y a aucune excuse.  

samedi, janvier 13, 2007

Les vrais saints ne sont pas toujours ceux qu'on croit

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Les fondateurs de l'Eglise évangélique apostolique "Renascer" (1200 églises au Brésil), les bishops Estevam et Sônia Hernandez, (dont fait partie le joueur de foot Kaká, entre autres personnalités brésiliennes), viennent de se faire arrêter par le FBI à l'aéroport de Miami.

Ils sont accusés, entre autres, de fausses déclarations, n'ayant pas notifié à la douane les 56000$ qu'ils cachaient sur eux (notamment dans la Bible). Les deux protagonistes ne sont pas méconnus des autorités américaines, qui enquêtaient déjà sur eux pour blanchissement d'argent, ni des autorités brésiliennes, qui, elles, s'intéressaient de près à la fondation d'une église fantôme qui aurait pu permettre à l'église, suppose-t-on,  d'échapper à sa dette qui s'élève à 12 millions de reais. 

En plus de leur villa à Miami, d'un ranch où ils élèvent des purs sangs à Atibaia et de diverses entreprises au Brésil (dont Hernandez paient les employés avec l'argent recueilli auprès des adeptes (cartes de crédit acceptées!!!)), on estime la fortune du couple à près de 19millions de reais (7millions d'euros).

Comment peut-on faire ça? Comment, quand on est éduqué, qu'on a une famille, des enfants, qu'on connaît parfaitement la signification du mot "moralité", comment peut-on impunément tromper des gens, comment peut-on abuser de leur générosité, de plus est, au nom de Dieu? 

Il y a quelques jours encore, mon mari me montrait une émission sur la chaîne évangélique (les églises évangéliques sont très puissantes au Brésil) à laquelle participaient le milieu de terrain du Milan AC, Kaká, entre autres joueurs de football qui ont choisi d'embrasser cette religion (et que je ne critique pas car Kaká est un véritable croyant, on le voit dans ses yeux, dans sa manière de parler, et dans son existence même: la religion, pour lui, c'est tout), et, en face d'eux, se trouvait donc le fondateur de l'église, Hernandez. Immédiatement je fus charmée par son charisme, sa sympathie et son apparente bonté. Il parlait de Dieu, d'amour, d'intégrité, critiquant ouvertement les gens de l'église qui n'avait pas un coeur pur. Quel culot, quand même!

A l'annonce de leur arrestation, je me suis mise à réfléchir au bien que font réellement tous ces gens, ces pseudo religieux qui se font appeler "saints" ou même ces hommes, cachés derrière leur soutane et protégés par la loi du silence du Vatican, en quoi ils changent le monde, l'améliorent...et j'en ai conclu qu'à part alléger la mauvaise conscience de certains bourgeois, d'empêcher l'homme d'être libre (pas de sexe avant le mariage, pas de divorce), les ados de se protéger (pas de préservatifs) et de donner une justification à la pauvreté (la volonté de Dieu, etc.), ils se contentent comme tout le monde de "regarder".

Pour moi, les vrais, ceux qui méritent qu'on les adule, ceux qui méritent véritablement notre prosternation sont les médecins sans frontière, qui pourraient se la couler douce derrière un bureau dans une petite ville côtière mais qui ont choisi de parcourir les pays en ruine pour sauver des enfants déchirés par les bombes, ce sont aussi ces hommes qui ont fait abstraction de leur vie sentimentale pour s'isoler dans un désert afghan et s'occuper des orphelins avortés par la guerre, ou ces femmes encore qui ont regroupé tout leur courage pour aller sauver les victimes de viols collectifs approuvés par la justice pakistanaise.

Il y en a beaucoup d'autres aussi qui s'investissent pour des causes qui à priori ne les regardent pas (écologie, sida, femmes battues, droits des hommes, etc.), au détriment bien souvent de leur propre existence. C'est à eux que je voudrais rendre hommage, à tous ceux qui ont décidé d'oublier pour un temps leur nombril pour s'intéresser à des gens qui n'ont pas eu autant de chance qu'eux.

D'après moi, eux seuls méritent l'appellation de "saints".

 

PS:sachez qu'on n'a pas besoin d'être un de ces "saints" ni d'aller à l'autre bout de la Terre pour rendre le monde un petit peu meilleur, souvent on peut simplement se rendre utile sur place (restos du coeur, aide aux personnes sans abri, etc.), ou même, si on n'a pas la possibilité ni vraiment la volonté de s'engager dans une cause, on peut simplement SOURIRE,  eh oui, on a tendance a oublier l'impact de la bonne humeur sur les gens autour de nous, or un sourire peut parfois changer une vie...

car qui n'a pas besoin, dans notre époque tristounette, d'un rayon de soleil? 

samedi, janvier 06, 2007

A quand le droit à la légitime défense ?

medium_cops_1.3.jpg( L’histoire de Léa, 2ième partie, basée  sur un fait réel )

Une famille terrorrisée dans leur maison perdue en pleine campagne. La jeune fille, Léa, est parvenue, après 7 ans de violences conjugales, à s’échapper de l’emprise de son tortionnaire (voir post du 05/01). Elle a obtenu la garde exclusive des enfants après avoir attendu un mois et demi le jugement. On se dit alors que tout va bien aller dorénavant, elle va pouvoir refaire sa vie. Alors qu’en fait l’enfer ne fait que continuer.

Ils ont des enfants en commun, il veut donc les voir, et non pas dans un endroit confiné. Il adore sa gamine de 6ans à qui il parle comme à une fille de 20 ans. Son fils de 2 ans, il l’aime moins, d’ailleurs il lui crache toujours au visage qu’il n’est pas de lui, que sa mère est allée “baiser” avec un autre (alors qu’il lui ressemble comme deux gouttes d’eau), qu’il ne doit donc pas l’appeler “papa”, mais il demande quand même à le voir afin de pouvoir continuer à torturer sa compagne (il n’y a pas de ex- qui tienne). Léa refuse évidemment. Le monstre rit. Elle veut la guerre, elle l’aura. II a vingt neuf ans, alcoolique, un long passé (et présent) de violence, une carrière de quinze ans dans le milieu carcéral (35 condamnations qui dans 9 des cas se sont résultées par un séjour en prison), il n’a donc peur de rien.

Il commence alors son travail de terroriste (parce que c’est bien ce qu’il est). A longueur de journée, ils les assoment d’appels téléphoniques, les menaçant des pires horreurs, (meurtre, castration, viol, etc. , des choses qu’un esprit sain ne peut même imaginer ), hurlant à ses gosses, les rares fois qu’ils lui permettent de leur parler, que leur mère est une pute et leur beau-père un violeur d’enfants, envoyant en leur absence des amis casser les vitres de la maison et crever les pneus de la voiture, déposant la nuit des objets dans leur boîte aux lettres puis les observant de loin avec des jumelles avant de les appeler pour leur dire qu’il a une arme, qu’ils sont dans sa ligne de mire et qu’il va tuer tout le monde...Pas une minute de répit il ne laisse à cette famille épouvantée qui a perdu foi en la justice.

Que fait la police, me direz-vous? Pas grand chose, pour sûr. On n’est pas en ville ici, on est à la campagne. De plus est ils sont en sous effectif (ce qui ne change pas de la ville) et ne peuvent donc pas désigner un agent pour la surveillance intensive de chaque citoyen qui se sent menacé. Ce n’est pas vraiment de leur faute, vous savez. Ils font parfois bien leur travail mais comme la justice ne suit pas, généralement au bout de quelques années ils sont blasés. Les gendarmes se contentent donc de relever les menaces de mort que le monstre laisse sur le répondeur, constatent parfois des dégradations dans la propriété. Ils ne peuvent guère faire plus. L’affaire est à présent entre les mains négligeantes de la justice. Le jugement peut prendre six mois, un an, deux ans même, malgré les nombreuses plaintes répétées et leur gravité, malgré le sursis qui pèse déjà sur lui, malgré son passé, malgré tout...on préfère laisser une famille crever de trouille dans une maison abandonnée en pleine campagne que s'empresser d’arrêter un bandit avec un passé de criminel dangereux.

Ils veulent acheter une arme. Ce n’est pas une bonne idée, leur assurent- les gendarmes. Vous pouvez ruiner votre vie si vous tuez quelqu’un...Et la légitime défense alors? Ah, mon bon monsieur, la loi est pleine de subtilités...comment prouver qu’il y a eu agression? Vous avez vu le dossier du mec? Oui, mais ça n’empêche.  En France, la légitime défense ne semble reconnue à coup sûr que si vous n'êtes plus en mesure de l'exercer. On estime que le ministère public intente des procédures contre 80 % des citoyens ayant accompli des actes de légitime défense*...et puis vous avez vu le scandale que ça fait lorqu’un policier tue quelqu’un en état de légitime défense...imaginez alors un simple citoyen comme vous...qu’est-on supposé faire alors? Attendre qu'un objet physique nous touche violemment ou qu'on viole notre femme pour que notre droit à la légitime défense soit reconnu, au moins à titre posthume*...quelle chance a-t-on de s'en tirer contre quelqu’un qui agit pour tuer quand on agit essentiellement pour se défendre sans l'intention même de blesser?

C’est triste, non? Je me demande comment se sent un père lorsqu’il ne peut pas protéger sa propre famille, lorsqu’il ne peut que constater sa défaite face à la haine et la violence. Dans ce monde d’injustice seuls les salauds ont une chance de survivre.

Moi, j’ai toujours pensé que le devoir d’un policier était de protéger le citoyen. Mais s’il ne peut rien faire faute de moyen, faute d’effectif ou parce que les pauvres bougres ont bien souvent eux aussi les mains liés derrière le dos, est-ce normal qu’on vive dans l’épouvante d’être tué...n’est-ce pas légitime d’avoir une arme personnelle pour se défendre ? Est-ce plus logique de terminer dans un bain de sang?

Dans beaucoup d’états américains, la loi est plus flexible. On a le droit de porter une arme pour se défendre de quiconque s'introduit sans permission dans notre propriété ou menace notre vie... En France, non. Comme dit leur avocat, ce ne sont que des menaces. Mais des menaces émanant d’un dangereux criminel récidiviste ne méritent-elles pas une petite accélération du service judiciaire?

Apparemment non.
 

 *Les phrases en italique sont extraites d'un article de Pierre Lemieux dont je vous encourage à lire les livres ou les écrits sur le net (notamment sur la liberté de porter des armes à feu personnelles et autres idées libertariennes )...qu'on approuve ou non ses idées, je trouve qu'il s'agit là de quelqu'un qui interprète parfaitement ses pensées. 

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vendredi, janvier 05, 2007

The big joke de la justice française face aux problèmes des femmes battues

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(L'histoire de Léa, 1ère partie, tirée d'un fait réel)

C’est l’histoire d’une femme, appelons-la Léa. Elle a 27 ans, deux enfants de 6 et 2 ans. Elle aime les livres d’Ana Gavalda, la musique de Rafaël et les crèpes, mais personne ne le sait. Léa n’a pas d’amis. Elle n’a rien. Juste un grand secret qui lui dévore chaque jour davantage le peu d’estime qu’elle a d’elle-même et de la vie : Léa est une femme battue. 7 ans qu’elle subit les coups de son conjoint. Les morsures, les coups de pieds dans son ventre de femme enceinte, les insultes, les humiliations, je ne vais pas m’étaler sur le sujet, c’est toujours la même chose. Elle a essayé de partir, mais il a pleuré, il lui a demandé de lui pardonner, et comme il savait la manier, après tout c’est lui qui avait modelé la conscience de sa victime, elle est toujours revenue. Une fois pourtant elle avait vraiment cru qu’elle s’en sortirait mais au bout de 5 mois, alors qu’ils devaient débattre de la garde de leur premier enfant, une juge complaisante l’avait convaincue qu’un enfant n’était bien qu’avec son père et sa mère, et comme son bourreau s’était écroulé en larmes, elle n’avait pas pu résister. Deux jours plus tard, la mère de Léa, écoeurée, avait joint la juge pour lui demander des comptes. Voici la réponse que celle-ci lui donna : « occupez-vous de vos affaires et laissez-les vivre leur vie ». Lorsque le policier responsable du dossier appela à son tour la juge, il s’avéra qu’elle n’avait pas même consulté le dossier du bourreau (28 ans et déjà 35 condamnations à son actif). Fucking joke.

Alors vous pensez bien elle a honte. Elle a déçu ses parents qui l’avaient tant aidée. Alors quand deux ans et quelques cicatrices plus tard, les coups n’ont pas cessé, elle décide, un soir de dérouille, de prendre son fils d’un an dans les bras pour s’enfuir loin de la maison. Elle trouve refuge dans un foyer de femmes battues qui l’hébergent quelques jours. Mais comme au bout d’une semaine elle est toujours là, une des assistantes sociales lui fait gentiment remarquer qu’elle ne peut pas éternellement rester dans cet abri. Alors, sans argent, sans connaissance, sans rien, quel autre choix at-elle que celui de revenir dans la gueule du monstre ?

On dit toujours qu’on ne peut pas aider quelqu’un qui ne veut pas être aidé. Je suis tout à fait d’accord. On peut supporter quelqu’un moralement mais on ne peut pas l’obliger à choisir tel ou tel chemin. Souvent c’est lorsque cette personne elle-même sent qu’elle est prête, qu’elle pourra lutter jusqu’au bout.

Un jour donc, alors qu’il la massacre à coups de ceintures, elle réussit à se sauver. Elle va sonner au foyer à 3h du matin. « il n’y a pas de place, désolé », lui dit-on. Alors tremblotante, le coeur déchiré, elle s’en va dormir avec deux autres femmes battues, elles aussi refoulées du foyer (on ne leur a même pas ouvert le portail), dans un wagon abandonné de la gare. Cette fois-ci elle ne veut pas retourner. Elle pense à ses enfants, sa seule raison de vivre. Qu’elle subisse une telle terreur, elle peut vivre avec ça, mais ses enfants, même s’ils ne sont pas (encore) battus, devraient avoir une chance d’une vie meilleure. Décidée, elle met tout de même une semaine avant d’appeler, honteuse, ses parents.

Deux enfants de 6 et 2 ans tous seuls dans un appartement avec un monstre qui n’en a jamais glandé une. Elle veut envoyer la police mais ils lui disent qu’ils ne peuvent pas intervenir puisque c’est sa parole contre la sienne (la parole d’une mère sans casier contre celle d’un mec avec 35 condamnations n’est-elle pas suffisante, p*****, je sais pas ce qu’il leur faut ?). Alors elle va voir la brigade des mineurs qui ne trouve rien d’autre à faire que de la traiter de mauvaise mère (ce qu’une femme battue au psychisme très fragile qui a finalement décidé de se sortir de l’enfer n’a vraiment pas besoin d’entendre, mais je me demande vraiment où est l’humanité dans le coeur de ces gens qui ont à priori le pouvoir de changer les choses ? ). Alarmés par l’horreur des accusations de Léa, ils vont voir les enfants. Mais le monstre sait y faire. Démontrant une quiétude extraordinaire, il parvient à les convaincre que les enfants ne sont pas en danger (pourtant c’est un alcoolique et un drogué mais le matin, pensez-vous, il n’est pas encore en crise)...c’est quand même incroyable que des gens supposés professionnels soient si faciles à leurrer. Du coup on répète à Léa qu’il s’agit de sa parole contre la sienne. Il faut attendre le jugement. Un mois. Un mois sans voir ses enfants. Un mois entier qu'on donne impunément au tortionnaire pour bourrer le petit crâne des enfants de mensonges douloureux: le soi-disant abandon de leur mère, la haine de leurs grand-parents.

Vous pensez que les femmes battues sont aidées. Après tout on en parle tout le temps dans les journaux. On connaît même les statistiques par coeur...mais il n’y a rien : très peu ou parfois pas de foyer d’accueil même dans les grandes villes, aucun soutien psychologique, aucune aide sociale (pour la recherche urgente d'un toit parce qu'une femme qui s'est sauvée de sa maison ne peut pas récupérer ses enfants tant qu'elle n'a pas d'appartement), quant à la justice, si vous n’avez pas la chance d’avoir un minimum de moyens, vous ne pouvez payer ni de logement ni d’avocat, vous n’avez donc aucune chance. Mais Léa en a de la chance (enfin dans sa malchance), ses parents ont un petit d’argent, oh pas grand chose c’est qu’ils ont travaillé si dur depuis l’âge de 14 ans, alors ils lui paient une chambre de 10 m² dans laquelle elle pleure du matin au soir à en devenir folle, et ceci jusqu’au procès. Qui tarde. Et comme la vie coûte cher, le père de Léa, à soixante ans, doit trouver un autre travail. Ceci parce que la justice est lente, si lente...surtout pour les gens bien. Il ne faut donc pas que de l’argent pour s’en sortir, il faut de la patience, beaucoup de patience parce que assistantes sociales, juges, flics, avocats... tout le monde s’en fout.

Après on s’étonne qu’une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son mari...

 

PS: Je viens de lire un article sur LE MONDE du 3 janvier 2007 où il était question de proposer une loi plus rigoureuse pour aider les femmes battues et punir leur bourreau plus rapidement en créant un tribunal qui ne s'occuperait que de ce genre d'affaires. L’article est comme toujours très bien écrit...mais les mots ne suffisent pas. Je vous assure qu’il faut bien plus pour aider ces pauvres femmes. Ségolène Royal parle d’en faire sa priorité si elle est élue. Et si elle ne l’est pas ? Tout continuera-t-il comme avant ?

 

 
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