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samedi, novembre 10, 2007

La triste réalité de la pauvreté

medium_CIMG3018.3.jpgLes annonces du MetroNews de São Paulo (Brésil), journal proposé gratuitement aux usagers du métro, sont hautes en couleurs.

Une ribambelle de jeunes filles (et de jeunes hommes) se proposent pour toutes sortes de frasques sexuelles, en groupes parfois, particulièrement détaillées, ce qui dans un premier temps fait sourire (par ex: Laura, 19ans, fait tout ce que votre femme refuse de faire)

Evidemment lorsqu'on s'intéresse plus sérieusement aux annonces, on ne peut ignorer la détresse que celles-ci exsudent: des jeunes gens, la vingtaine pas même amorcée, qui sacrifient leur sentiment le plus cher, à savoir leur dignité, pour pouvoir manger.

"Alina, 19ans, aucune limite. Esclave docile. 10reais (4euros)"

"Carla et Carole+3amies. 18ans. Font tout pour 20reais (8euros)"

Ou pire encore, comme quoi même l'horreur a des degrés,:

"Nara. Sexe sans préservatif. Jusqu'au bout..."

...et ceci pour 10reais (4euros)...

A croire que la mort est la seule chose que les pauvres peuvent toujours se payer.

samedi, janvier 20, 2007

O Brasil do meu coração

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Ceux qui ont lu ma bio savent que je connais particulièrement bien le Brésil, étant mariée à un beau paulista (habitant de São Paulo) et ayant séjourné à plusieurs reprises dans le pays qui fait tant rêver.

Les gens me demandent parfois pourquoi j'écris sur le crime, la corruption, l'injustice au lieu de m'intéresser aux côtés plus glorieux du Brésil, à savoir la beauté du paysage, l'amabilité du peuple, etc. Ce à quoi je réponds généralement : parce que qui aime lire des histoires sur des gens sans problème qui vivent dans un pays merveilleux où il ne se passe jamais rien?

Malheureusement notre société méprise de plus en plus les histoires d'amour à l'eau de rose, la bonté, la gentillesse, etc. pour s'intéresser aux magouilles, assassinats, viols, guerres et autres crimes en tout genre...

Or le but d'un auteur est d'être lu...il est donc de son devoir de choisir puis d'exploiter des sujets susceptibles d'intéresser ses lecteurs.

A cet effet, São Paulo, véritable bombe à informations, est  une perle rare. Harassée par le crime, défigurée par l'abîme social, mais aussi enrichie d'une culture colorée et omniprésente,  la ville qui ne dort jamais est une source intarrissable pour les esprits exaltés, une cascade de faits divers qui vous arrachent des larmes, des rires ou des hurlements indignés mais ne vous laissent jamais indifférent. C'est pourquoi, de tout temps, les écrivains et autres artistes en tout genre y ont puisé leur inspiration.

J'ai tenu à écrire ce petit mot pour les brésiliens qui me lisent afin de rendre honneur à leur générosité et leur hospitalité. Si je devais écrire tout ce que j'aime au Brésil, il me faudrait un blog entier (je consacre d'ailleurs quelques articles, notamment au sujet de mon voyage de 14000 km en 39 jours, sur le site ciao.fr (pseudo: gipsytiago))...

Cependant ce blog-ci n'est pas destiné à vanter les attraits touristiques du Brésil mais à dénoncer une réalité souvent bien loin des clichés...il est clair que certaines impressions que j'exprime ne vont pas être du goût de certaines personnes qui se sentiront visées, mais sachez que je ne le fais pas par méchanceté, un blog étant une sorte de journal intime dans lequel on peut simplement faire part de ses opinions...

De plus est, si vous me lisez plus expressément, vous vous apercevrez que je suis une auteur qui s'intéresse au côté sombre de l'humanité...mais un esprit moins dérangé aurait très bien pu vanter les valeurs familiales prédominantes dans le pays, la foi en Dieu, l'espoir...en résumé les sentiments plus nobles que chérissent tant les brésiliens.

Finalement, si certains ont l'impression que je montre du doigt essentiellement le Brésil, sachez que c'est principalement parce que j'y ai passé beaucoup de temps en 2006...

Voilà donc pour mon petit mot...

Je vous salue tous sincèrement, et mes pensées les plus chères vont aux familles dévastées qui ont récemment perdu leur(s) proche(s) dans le cratère du métro de São Paulo. 

Que Deus esteja com vôces.

vendredi, janvier 19, 2007

Télé brésilienne: les moches n’ont qu’à bien se tenir

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Chroniques brésiliennes

Il n’y a rien de plus agaçant que la beauté. A la télé brésilienne tout le monde est beau. Les présentatrices sont d’anciens mannequins (Adriana Galisteu, ex-Ayrton Senna, Luciana Gimenez, ex-Mike Jagger) ou des bunnies bronzées, musclées, siliconées, qui n’hésitent à se balader en bikinis stringués sur les plateaux ; les participantes de reality show posent, elles, toutes dans Playboy pour quelques centaines de milliers de reais une fois éliminée de l’émission ; quant aux jeunes acteurs et actrices de feuilletons brésiliens (qui n’hésitent pas elles non plus à poser nues, l’étalage de ses charmes au Brésil étant en fait un envol assuré pour la célébrité), ils sont si beaux, si blancs, si blonds, si éduqués, si blanc-dentés (et non blanc-gantés), si parfaits, qu’on dirait des candidats à un concours de beauté (ce qui n’empiète en rien sur leurs talents artistiques, je tiens à la préciser).

Au Brésil, vous l’aurez compris, la beauté est un art, au même titre que la littérature ou la peinture. Quand on est beau ou belle, les gens viennent vous féliciter : « bon boulot et tout... », un peu comme si on venait d’écrire un bouquin ou de faire un film. « Je vous ai vu dans Playboy, félicitations... », etc.

Du coup, au Brésil, quand on est beau ou belle, on n'a pas besoin d’en glander une.

mercredi, janvier 03, 2007

Comment se f***** de la gu**** du peuple en une leçon

Chroniques brésiliennes

18/12/2006

Il semblerait que j’aie parlé trop vite lors de mon dernier post au sujet de l’augmentation des salaires des parlementaires brésiliens de 91% (voir post du 17/12). Eberluée par la léthargie des brésiliens, j’avais pensé leur envoyer une poignée de français, rois des manifestations, afin de secouer toute cette aberration, cet abus de pouvoir parce que c’est bien ce dont il s’agit. Les députés sont censés représenter le peuple. Or en augmentant leur salaire d’une manière aussi indécente, ils ne représentent personne, à part naturellement leurs propres intérêts. Ils partent du principe qu’ils ont le pouvoir de faire ça, alors ils le font.

Les brésiliens sont donc descendus dans la rue pour exprimer leur indignation. Une petite poignée de brésiliens, les autres se contentant d’exprimer leur frustration en restant chez eux. Mais leur nombre ridicule n’a évidemment effrayé personne et les députés ont maintenu leur décision. Mais pour ne pas faire de jaloux, ils ont parlé de considérer l’augmentation du salaire minimum de 8 reais (3 euros), il passerait donc de 350 à 358 reais (150 à 153 euros)...si ça c’est pas se f***** de la gu**** du peuple!!!

mardi, janvier 02, 2007

Les sans-culottes révolutionnaires qu’il manque aux brésiliens

medium_revolution2.jpgChroniques brésiliennes

15/12/2006 

 

Les parlementaires au Brésil viennent d’augmenter leur salaire de 91%. Sympa. Les députés fédéraux, par exemple, se feront dorénavant plus de 100000reais (45000euros) par mois (les substituts de députés approchent, eux, déjà les 40000euros) dont 45000reais (20000euros) officiels, le restant étant les primes de voyages, l'école des enfants, les employés de maison et autres inepties (sans en plus compter l’argent de poche de certains corromptus)...et ceci un mois après la réélection de Lula qui est tout de même supposé représenter les pauvres ou tout du moins le peuple. Vous pensez qu’une telle nouvelle génèrera des manifestations. Pensez-vous. On est habitués au Brésil. A chaque fois qu’un président se vante d’augmenter le salaire minimum ( comme le fit Lula en 2006 de 50 reais (20euros), permettant que celui-ci atteigne la somme déplorable de 350reais (150euros)), il ne dit pas qu’il augmente également celui des fonctionnaires de 1000 à 10000reais (400 à 4000euros). Mais évidemment tant que les plaintes du peuple ne se traînent pas jusque dans la rue, pourquoi ne pas continuer ?

Du coup les contrastes s’accentuent.

Dans les banques, par exemple, le taux d’intérêt n’est pas le même pour tous. Il varie en fait en fonction de la quantité d’argent qu’on y dépose. C’est pour ça que quelqu’un qui place beaucoup d’argent à la banque peut compter sur des intérêts allant jusqu’à plus de 20% par an. Et ne croyez pas à la générosité de Lula quand il rappelle qu’on lui doit l’ouverture facile des crédits pour les moins fortunés, parce qu’il s’agit d’un cadeau empoisonné, d’une tactique détournée pour remplir les poches de l’état et celles des banques, les gens ne sachant pas gérer leurs dix cartes de crédit dont ils ne cessent de payer des agios exorbitants qui leur sont finalement retirés automatiquement de leur salaire.

Personnellement je pense, qu’en y mettant du sien, on pourrait amoindrir la pauvreté et éradiquer la corruption au Brésil mais tant que le pays continuera à être dirigé par les riches, qui font eux-mêmes les règles et qui naturellement veulent surtout ne rien changer, je ne vois pas comment ce sera possible.

C’est pourquoi au Brésil les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. A quand une révolution qui fasse changer tout ça ?

 
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