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mardi, janvier 30, 2007

Le règne des lâches

Avez-vous entendu parler de Wesley Autrey, le maçon new-yorkais qui sauva la vie d’un adolescent dans le métro ? Après lui être venu une première fois en aide alors qu’il s’étranglait (probable crise d’épilepsie), il vint de nouveau à son secours amedium_broken_doll.jpglors qu’une autre crise avait fait basculer le garçon hors de la plateforme. Sans hésiter, Autrey sauta sur les rails alors même que le train entrait dans la station, puis comme il calcula qu’il ne parviendrait pas à remonter le corps à temps, il le poussa entre les deux voies puis le protégea de son corps pendant que cinq  wagons du train passaient au dessus de sa tête. Ils s’en sortirent tous les deux sans une égratignure.

A l’émission de David Letterman, the Late Show, un humble et patriotique Autrey interpréta son acte de bravoure comme une réaction simplement  humaine et rendit hommage aux vrais héros, à savoir les militaires qui se battent en ce moment en Irak pour que les gens aux Etats-Unis puissent avoir la possibilité de « choisir » (et certains choisirent de ne pas aider l’adolescent en crise puisque seulement trois personnes vinrent à son secours lors de sa première crise alors que la station de métro était pleine).

Evidemment l’action de ce héros à l’américaine est extrême. Je ne sais pas si beaucoup d’entre nous, même parmi les plus courageux, auraient choisi cette solution…et je ne les en blâmerais pas, ceci soit dit en passant, mais je ne pense pas me tromper en alléguant que s’il existait plus de Wesley Autrey dans le monde, celui-ci se porterait certainement mieux.

Hélas le monde est infesté de lâches. On n’a pas besoin d’être un super héros pour faire du monde "a better place" mais c’est souvent avec des petites attentions qu’on fait changer les grandes institutions.

Tenez, pas plus tard que le mois dernier, j’étais à une boulangerie lorsqu’une femme surgit, désespérée, à l’intérieur pour hurler que son petit ami lui courait après pour la « dérouiller ». Vous auriez dû voir le visage impassible des gens présents. En l’espace de quelques secondes un mur s’érigea entre ces personnes réunies dans l’indifférence et ce bout de femme, tremblotante, qui avait besoin d’aide. Maudite Boule de Suif qui osait perturber leur misérable petite existence. Lorsqu’elle demanda qu’on appelle la police, la boulangère refusa. Ce fut un des clients et moi-même, qui  nous approchâmes d’elle pour lui proposer notre téléphone portable. Le cœur serré, je me rendis compte qu’un autre sentiment prédominait celui de la gratitude dans ses yeux, c’était celui de la honte.

Bande de lâches, avais-je envie de leur hurler, bande de petits êtres inutiles qui ne veulent surtout pas se mêler de ce qui ne les regarde pas. C’est à cause des gens comme vous qu’une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint, que des gamines se font violer impunément dans les trains, ou encore que des millions de personnes se font déporter dans des camps de la mort…non, je n’exagère rien, c’est votre indifférence qui rend possible ces actes pitoyables.  

Vous savez comment on appelle votre comportement en terme juridique ? De la « non-assistance en personne en danger ». Et laissez-moi dire que si je vous y reprends, je ne vous lâcherai pas, j’irai jusqu’au bout, jusqu’à ce que des doigts vous pointent comme complice et que la honte, en tant que châtiment, vous étouffe.

Il y a pire, à mes yeux, que les hommes qui battent leur femme et autres énergumènes du genre, parce que eux ce sont des bêtes sauvages, la plupart sans l'ombre d'une conscience, alors que les lâches, eux, savent pertinemment ce qu’ils font…

Et que pour la lâcheté, il n’y a aucune excuse.  

mercredi, janvier 24, 2007

Arrivée à Paris

medium_doisneau_2_s.jpgParis. La cité de l’amour. La maquerelle du monde. Le refuge des artistes maudits : Oscar Wilde, Jim Morrison, Modigliani, autant d’incompris qui choisirent la ville où même la débauche est un art comme dernière escale pour mourir. Paris. La ville qui mourut mille fois pour renaître plus libertine, plus révolutionnaire, plus intrépide que jamais sur les lèvres de poètes maudits, le pinceau de peintres bohème ou la plume taquine d’écrivains exilés. Paris, finalement, qui n’en finit pas d’accueillir en son sein les expatriés du monde entier, émerveillés par sa myriade de lumières, à la recherche illusoire d’un peu de rêve et de respect.

Il n’y a pas de comité d’accueil à mon arrivée. Pas de feux d’artifice pour célébrer ma venue. Juste la grisaille. Les ombres pressées qui se bousculent sans s’excuser comme pour fuir la mort chaque jour plus proche. Les visages moroses dans le métro. Les journaux mouillés dégoulinants de tristesse comme les nouvelles qu’ils annoncent. Les livres cornés, lus debout au milieu de bras, d’aisselles, d’haleine hostile, pour échapper, l’espace de quelques mots, à la réalité. Les pickpockets, sous l’aspect de banals fonctionnaires, qui arpentent les quais à l’affût du touriste idéal à voler. Les banlieusardes qui guettent du coin de l’oeil la bourgeoise à railler. L’employé zélé, engoncé dans son imper usé, qui maudit les passants. La contractuelle sans coeur qui attend l’automobiliste hostile sur qui déverser sa rancoeur. L’immigré sans papier qui, transi de froid, se souvient de ses pieds nus sur le sable chaud de son pays d’enfance à un âge où l’argent ne comptait pas. La provençale, fraîchement débarquée, qui arpente les Champs-Élysées à la recherche d’un peu d’amour, de gloire et de beauté. Puis le clochard poète qui observe ce petit monde affolé, un mystérieux sourire sur les lèvres.
Mon esprit fonctionne à cent à l’heure. J’enregistre les mouvements, les bribes de conversation, les soupçons de trafic. Tellement de monde. Tellement d’histoires. Tellement de matière.

samedi, janvier 20, 2007

O Brasil do meu coração

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Ceux qui ont lu ma bio savent que je connais particulièrement bien le Brésil, étant mariée à un beau paulista (habitant de São Paulo) et ayant séjourné à plusieurs reprises dans le pays qui fait tant rêver.

Les gens me demandent parfois pourquoi j'écris sur le crime, la corruption, l'injustice au lieu de m'intéresser aux côtés plus glorieux du Brésil, à savoir la beauté du paysage, l'amabilité du peuple, etc. Ce à quoi je réponds généralement : parce que qui aime lire des histoires sur des gens sans problème qui vivent dans un pays merveilleux où il ne se passe jamais rien?

Malheureusement notre société méprise de plus en plus les histoires d'amour à l'eau de rose, la bonté, la gentillesse, etc. pour s'intéresser aux magouilles, assassinats, viols, guerres et autres crimes en tout genre...

Or le but d'un auteur est d'être lu...il est donc de son devoir de choisir puis d'exploiter des sujets susceptibles d'intéresser ses lecteurs.

A cet effet, São Paulo, véritable bombe à informations, est  une perle rare. Harassée par le crime, défigurée par l'abîme social, mais aussi enrichie d'une culture colorée et omniprésente,  la ville qui ne dort jamais est une source intarrissable pour les esprits exaltés, une cascade de faits divers qui vous arrachent des larmes, des rires ou des hurlements indignés mais ne vous laissent jamais indifférent. C'est pourquoi, de tout temps, les écrivains et autres artistes en tout genre y ont puisé leur inspiration.

J'ai tenu à écrire ce petit mot pour les brésiliens qui me lisent afin de rendre honneur à leur générosité et leur hospitalité. Si je devais écrire tout ce que j'aime au Brésil, il me faudrait un blog entier (je consacre d'ailleurs quelques articles, notamment au sujet de mon voyage de 14000 km en 39 jours, sur le site ciao.fr (pseudo: gipsytiago))...

Cependant ce blog-ci n'est pas destiné à vanter les attraits touristiques du Brésil mais à dénoncer une réalité souvent bien loin des clichés...il est clair que certaines impressions que j'exprime ne vont pas être du goût de certaines personnes qui se sentiront visées, mais sachez que je ne le fais pas par méchanceté, un blog étant une sorte de journal intime dans lequel on peut simplement faire part de ses opinions...

De plus est, si vous me lisez plus expressément, vous vous apercevrez que je suis une auteur qui s'intéresse au côté sombre de l'humanité...mais un esprit moins dérangé aurait très bien pu vanter les valeurs familiales prédominantes dans le pays, la foi en Dieu, l'espoir...en résumé les sentiments plus nobles que chérissent tant les brésiliens.

Finalement, si certains ont l'impression que je montre du doigt essentiellement le Brésil, sachez que c'est principalement parce que j'y ai passé beaucoup de temps en 2006...

Voilà donc pour mon petit mot...

Je vous salue tous sincèrement, et mes pensées les plus chères vont aux familles dévastées qui ont récemment perdu leur(s) proche(s) dans le cratère du métro de São Paulo. 

Que Deus esteja com vôces.

vendredi, janvier 19, 2007

Télé brésilienne: les moches n’ont qu’à bien se tenir

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Chroniques brésiliennes

Il n’y a rien de plus agaçant que la beauté. A la télé brésilienne tout le monde est beau. Les présentatrices sont d’anciens mannequins (Adriana Galisteu, ex-Ayrton Senna, Luciana Gimenez, ex-Mike Jagger) ou des bunnies bronzées, musclées, siliconées, qui n’hésitent à se balader en bikinis stringués sur les plateaux ; les participantes de reality show posent, elles, toutes dans Playboy pour quelques centaines de milliers de reais une fois éliminée de l’émission ; quant aux jeunes acteurs et actrices de feuilletons brésiliens (qui n’hésitent pas elles non plus à poser nues, l’étalage de ses charmes au Brésil étant en fait un envol assuré pour la célébrité), ils sont si beaux, si blancs, si blonds, si éduqués, si blanc-dentés (et non blanc-gantés), si parfaits, qu’on dirait des candidats à un concours de beauté (ce qui n’empiète en rien sur leurs talents artistiques, je tiens à la préciser).

Au Brésil, vous l’aurez compris, la beauté est un art, au même titre que la littérature ou la peinture. Quand on est beau ou belle, les gens viennent vous féliciter : « bon boulot et tout... », un peu comme si on venait d’écrire un bouquin ou de faire un film. « Je vous ai vu dans Playboy, félicitations... », etc.

Du coup, au Brésil, quand on est beau ou belle, on n'a pas besoin d’en glander une.

lundi, janvier 15, 2007

Beigbeder vs Diam's (ou pourquoi il y a de plus en plus de célibataires)

De moins en moins de monde se marie. Pourtant de plus en plus de monde envahit les agences matrimoniales, les chats (les forums de discussion, pas les animaux, voyons, where have you been all these years ?), etc. dans l’espoir de trouver l’âme soeur. A quoi cela tient-il ? m’interrogé-je. J’ai alors eu ma réponse par hasard alors que je lisais le premier livre « mémoire d’un jeune homme dérangé » de notre snob bien aimé, à savoir Beigbeder, en écoutant à la radio « jeune demoiselle » de Diam’s. Voilà sur quels critères de recherche se basent les hommes puis les femmes :

Pour les hommes : Beigbeder, extrait de « mémoire d’un jeune homme dérangé » :
Les hommes craignent la vie de couple pour une seule raison : la peur de la routine. Cette peur en cache une autre, celle de la monogamie. Les types n’arrivent pas à admettre qu’ils puissent rester toute leur vie avec la même femme. La solution est simple : il faut qu’elle soit boniche et putain, vamp et lolita, bombe sexuelle et vierge effarouchée, infirmière et malade. Si la femme de votre vie est innombrable, pourquoi iriez-vous ailleurs ? Votre vie quotidienne cessera alors d’être une vie de tous les jours.
Je regarde Anne et que vois-je ? Le matin, une femme mûre, ébouriffée, à la voix rauque, qui fait sa toilette en écoutant la radio. Dix minutes plus tard, c’est déjà une autre, tendre amie, qui crache des noyaux de cerise par la fenêtre. Retour au lit : Anne est une troisième, sensuelle au corps brûlant. Et ainsi de suite, en une journée je connaîtrai vingt femmes différentes, de la petite fille modèle qui regarde la télé en mâchant du chewing-gum lui gonflant les joues, à la dactylo populaire qui parle au téléphone en se limant les ongles, en passant par la dépressive hystérique qui meurt d’angoisse en fixant le plafond, sans oublier la maîtresse fleur bleue. Comment voudriez-vous que je m’en lasse ? Pas besoin de subterfuge, d’inventions compliquées ou de stratagèmes pour raviver ma flamme : Anne est un harem à elle toute seule

Pour les femmes : Diam's, paroles (résumées) de "Jeune demoiselle"
Dans mes rêves, mon mec a *le charme de Beckham *le charisme de Jay-z *le sourire de Brad Pitt *Il n'aime pas les bimbos *Il aime les formes à la J-Lo *Il a le torse de D'Angelo *fait rire comme Djamel *fait la cour sur du Cabrel *quand il écrit des lettres il a la plume de  Booba *il a du coeur et quand il danse, c'est Usher *il appelle tout le temps car il m'aime *c'est une encyclopédie car il se cultive *il est top, entre l'intello et le beau gosse *il a la carrière d'Eminem *des airs de minet quand il m'emmène en week-end *le calme de Zidane *le regard de Method Man *il sait prendre des risques et ne regarde par les bitchs *c'est un peu de mon ex mélangé à mon père *est digne comme Mohammed Ali *ses potes me font rire à la Eric et Ramzy *Ben ouais, mon mec est complet.

Avec de telles exigences, on comprend mieux pourquoi autant de monde ne trouve jamais l'âme soeur...

 

06:55 Publié dans Divers | Lien permanent | Commentaires (11)

samedi, janvier 13, 2007

Les vrais saints ne sont pas toujours ceux qu'on croit

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Les fondateurs de l'Eglise évangélique apostolique "Renascer" (1200 églises au Brésil), les bishops Estevam et Sônia Hernandez, (dont fait partie le joueur de foot Kaká, entre autres personnalités brésiliennes), viennent de se faire arrêter par le FBI à l'aéroport de Miami.

Ils sont accusés, entre autres, de fausses déclarations, n'ayant pas notifié à la douane les 56000$ qu'ils cachaient sur eux (notamment dans la Bible). Les deux protagonistes ne sont pas méconnus des autorités américaines, qui enquêtaient déjà sur eux pour blanchissement d'argent, ni des autorités brésiliennes, qui, elles, s'intéressaient de près à la fondation d'une église fantôme qui aurait pu permettre à l'église, suppose-t-on,  d'échapper à sa dette qui s'élève à 12 millions de reais. 

En plus de leur villa à Miami, d'un ranch où ils élèvent des purs sangs à Atibaia et de diverses entreprises au Brésil (dont Hernandez paient les employés avec l'argent recueilli auprès des adeptes (cartes de crédit acceptées!!!)), on estime la fortune du couple à près de 19millions de reais (7millions d'euros).

Comment peut-on faire ça? Comment, quand on est éduqué, qu'on a une famille, des enfants, qu'on connaît parfaitement la signification du mot "moralité", comment peut-on impunément tromper des gens, comment peut-on abuser de leur générosité, de plus est, au nom de Dieu? 

Il y a quelques jours encore, mon mari me montrait une émission sur la chaîne évangélique (les églises évangéliques sont très puissantes au Brésil) à laquelle participaient le milieu de terrain du Milan AC, Kaká, entre autres joueurs de football qui ont choisi d'embrasser cette religion (et que je ne critique pas car Kaká est un véritable croyant, on le voit dans ses yeux, dans sa manière de parler, et dans son existence même: la religion, pour lui, c'est tout), et, en face d'eux, se trouvait donc le fondateur de l'église, Hernandez. Immédiatement je fus charmée par son charisme, sa sympathie et son apparente bonté. Il parlait de Dieu, d'amour, d'intégrité, critiquant ouvertement les gens de l'église qui n'avait pas un coeur pur. Quel culot, quand même!

A l'annonce de leur arrestation, je me suis mise à réfléchir au bien que font réellement tous ces gens, ces pseudo religieux qui se font appeler "saints" ou même ces hommes, cachés derrière leur soutane et protégés par la loi du silence du Vatican, en quoi ils changent le monde, l'améliorent...et j'en ai conclu qu'à part alléger la mauvaise conscience de certains bourgeois, d'empêcher l'homme d'être libre (pas de sexe avant le mariage, pas de divorce), les ados de se protéger (pas de préservatifs) et de donner une justification à la pauvreté (la volonté de Dieu, etc.), ils se contentent comme tout le monde de "regarder".

Pour moi, les vrais, ceux qui méritent qu'on les adule, ceux qui méritent véritablement notre prosternation sont les médecins sans frontière, qui pourraient se la couler douce derrière un bureau dans une petite ville côtière mais qui ont choisi de parcourir les pays en ruine pour sauver des enfants déchirés par les bombes, ce sont aussi ces hommes qui ont fait abstraction de leur vie sentimentale pour s'isoler dans un désert afghan et s'occuper des orphelins avortés par la guerre, ou ces femmes encore qui ont regroupé tout leur courage pour aller sauver les victimes de viols collectifs approuvés par la justice pakistanaise.

Il y en a beaucoup d'autres aussi qui s'investissent pour des causes qui à priori ne les regardent pas (écologie, sida, femmes battues, droits des hommes, etc.), au détriment bien souvent de leur propre existence. C'est à eux que je voudrais rendre hommage, à tous ceux qui ont décidé d'oublier pour un temps leur nombril pour s'intéresser à des gens qui n'ont pas eu autant de chance qu'eux.

D'après moi, eux seuls méritent l'appellation de "saints".

 

PS:sachez qu'on n'a pas besoin d'être un de ces "saints" ni d'aller à l'autre bout de la Terre pour rendre le monde un petit peu meilleur, souvent on peut simplement se rendre utile sur place (restos du coeur, aide aux personnes sans abri, etc.), ou même, si on n'a pas la possibilité ni vraiment la volonté de s'engager dans une cause, on peut simplement SOURIRE,  eh oui, on a tendance a oublier l'impact de la bonne humeur sur les gens autour de nous, or un sourire peut parfois changer une vie...

car qui n'a pas besoin, dans notre époque tristounette, d'un rayon de soleil? 

mardi, janvier 09, 2007

Vengeance d'écrivain

(Extrait d'un manuscrit)

medium_Weinende_Frau_Picasso_.jpgLe grincement du gond de la porte d’entrée m’arrache à ma douce litanie. La collègue que je méprise le plus fait son entrée. Il s’agit d’une petite boule de femme, tout en méchanceté, d’une cinquantaine d’années, moche comme un pou et qui exsude d’horribles émanations de tabac froid mêlé de transpiration. Son boulot est de fureter derrière notre dos à l’affût de nos moindres erreurs.

Elle s’assoit sur un fauteuil du hall d’entrée en me jetant un coup d’oeil acrimonieux.

Je lui rends la pareille avant de fermer les yeux. Quand je les ouvre à nouveau, une armoire à glace, le corps emprisonné dans un immense serpent tatoué dont la gueule s’ouvre sur sa pomme d’Adam, lui écrase la figure sur la table, un couteau à quelques millimètres de ses yeux horrifiés. Un silence meurtrier emplit la pièce, anesthésiant les rares insectes qui y volent. L’homme à présent lui arrache ses vêtements découvrant une peau vérolée fondant sur un corps rachitique. Elle le supplie de ne pas lui faire de mal, elle ferait ce qu’il lui demanderait. Il ricane. Ce qu’il veut, c’est sa mort. Alors si elle voulait bien arrêter de gigoter, ça lui rendrait service. Elle hurle au désespoir, se pisse dessus, s’arrache les cheveux, mais l’homme est fort. Patiemment, il attend que ses forces s’épuisent avant de lui trancher la gorge. Il laisse alors tomber le corps inerte qui s’aplatit sur le sol en un bruit sourd. Quand il quitte la pièce, je sors de sous mon bureau pour m’approcher précautionneusement du supposé cadavre. Or elle n’est pas morte. Les deux mains autour de son cou charcuté, l’agonisante essaie de parler. Appelle une ambulance, balbutient ses lèvres. Je ne comprends pas, désolée, lui mens-je en la regardant s’étouffer dans son propre sang. Je ricane encore...

...quand une voix suraiguë m’extirpe de mes pensées.

-Qu’est-ce que tu as à ricaner comme une ânesse, me dit ma collègue la laide.

-Une ânesse ça hennit, ça ne ricane pas, lui rétorqué-je en la fusillant du regard.

 Mon imagination l’a faite mourir trop vite, cette conne. Dans ma version corrigée, Kanton, le tueur sadique d’un de mes livres, la travaillera au fer à souder. Ça lui apprendra.

  


 

samedi, janvier 06, 2007

A quand le droit à la légitime défense ?

medium_cops_1.3.jpg( L’histoire de Léa, 2ième partie, basée  sur un fait réel )

Une famille terrorrisée dans leur maison perdue en pleine campagne. La jeune fille, Léa, est parvenue, après 7 ans de violences conjugales, à s’échapper de l’emprise de son tortionnaire (voir post du 05/01). Elle a obtenu la garde exclusive des enfants après avoir attendu un mois et demi le jugement. On se dit alors que tout va bien aller dorénavant, elle va pouvoir refaire sa vie. Alors qu’en fait l’enfer ne fait que continuer.

Ils ont des enfants en commun, il veut donc les voir, et non pas dans un endroit confiné. Il adore sa gamine de 6ans à qui il parle comme à une fille de 20 ans. Son fils de 2 ans, il l’aime moins, d’ailleurs il lui crache toujours au visage qu’il n’est pas de lui, que sa mère est allée “baiser” avec un autre (alors qu’il lui ressemble comme deux gouttes d’eau), qu’il ne doit donc pas l’appeler “papa”, mais il demande quand même à le voir afin de pouvoir continuer à torturer sa compagne (il n’y a pas de ex- qui tienne). Léa refuse évidemment. Le monstre rit. Elle veut la guerre, elle l’aura. II a vingt neuf ans, alcoolique, un long passé (et présent) de violence, une carrière de quinze ans dans le milieu carcéral (35 condamnations qui dans 9 des cas se sont résultées par un séjour en prison), il n’a donc peur de rien.

Il commence alors son travail de terroriste (parce que c’est bien ce qu’il est). A longueur de journée, ils les assoment d’appels téléphoniques, les menaçant des pires horreurs, (meurtre, castration, viol, etc. , des choses qu’un esprit sain ne peut même imaginer ), hurlant à ses gosses, les rares fois qu’ils lui permettent de leur parler, que leur mère est une pute et leur beau-père un violeur d’enfants, envoyant en leur absence des amis casser les vitres de la maison et crever les pneus de la voiture, déposant la nuit des objets dans leur boîte aux lettres puis les observant de loin avec des jumelles avant de les appeler pour leur dire qu’il a une arme, qu’ils sont dans sa ligne de mire et qu’il va tuer tout le monde...Pas une minute de répit il ne laisse à cette famille épouvantée qui a perdu foi en la justice.

Que fait la police, me direz-vous? Pas grand chose, pour sûr. On n’est pas en ville ici, on est à la campagne. De plus est ils sont en sous effectif (ce qui ne change pas de la ville) et ne peuvent donc pas désigner un agent pour la surveillance intensive de chaque citoyen qui se sent menacé. Ce n’est pas vraiment de leur faute, vous savez. Ils font parfois bien leur travail mais comme la justice ne suit pas, généralement au bout de quelques années ils sont blasés. Les gendarmes se contentent donc de relever les menaces de mort que le monstre laisse sur le répondeur, constatent parfois des dégradations dans la propriété. Ils ne peuvent guère faire plus. L’affaire est à présent entre les mains négligeantes de la justice. Le jugement peut prendre six mois, un an, deux ans même, malgré les nombreuses plaintes répétées et leur gravité, malgré le sursis qui pèse déjà sur lui, malgré son passé, malgré tout...on préfère laisser une famille crever de trouille dans une maison abandonnée en pleine campagne que s'empresser d’arrêter un bandit avec un passé de criminel dangereux.

Ils veulent acheter une arme. Ce n’est pas une bonne idée, leur assurent- les gendarmes. Vous pouvez ruiner votre vie si vous tuez quelqu’un...Et la légitime défense alors? Ah, mon bon monsieur, la loi est pleine de subtilités...comment prouver qu’il y a eu agression? Vous avez vu le dossier du mec? Oui, mais ça n’empêche.  En France, la légitime défense ne semble reconnue à coup sûr que si vous n'êtes plus en mesure de l'exercer. On estime que le ministère public intente des procédures contre 80 % des citoyens ayant accompli des actes de légitime défense*...et puis vous avez vu le scandale que ça fait lorqu’un policier tue quelqu’un en état de légitime défense...imaginez alors un simple citoyen comme vous...qu’est-on supposé faire alors? Attendre qu'un objet physique nous touche violemment ou qu'on viole notre femme pour que notre droit à la légitime défense soit reconnu, au moins à titre posthume*...quelle chance a-t-on de s'en tirer contre quelqu’un qui agit pour tuer quand on agit essentiellement pour se défendre sans l'intention même de blesser?

C’est triste, non? Je me demande comment se sent un père lorsqu’il ne peut pas protéger sa propre famille, lorsqu’il ne peut que constater sa défaite face à la haine et la violence. Dans ce monde d’injustice seuls les salauds ont une chance de survivre.

Moi, j’ai toujours pensé que le devoir d’un policier était de protéger le citoyen. Mais s’il ne peut rien faire faute de moyen, faute d’effectif ou parce que les pauvres bougres ont bien souvent eux aussi les mains liés derrière le dos, est-ce normal qu’on vive dans l’épouvante d’être tué...n’est-ce pas légitime d’avoir une arme personnelle pour se défendre ? Est-ce plus logique de terminer dans un bain de sang?

Dans beaucoup d’états américains, la loi est plus flexible. On a le droit de porter une arme pour se défendre de quiconque s'introduit sans permission dans notre propriété ou menace notre vie... En France, non. Comme dit leur avocat, ce ne sont que des menaces. Mais des menaces émanant d’un dangereux criminel récidiviste ne méritent-elles pas une petite accélération du service judiciaire?

Apparemment non.
 

 *Les phrases en italique sont extraites d'un article de Pierre Lemieux dont je vous encourage à lire les livres ou les écrits sur le net (notamment sur la liberté de porter des armes à feu personnelles et autres idées libertariennes )...qu'on approuve ou non ses idées, je trouve qu'il s'agit là de quelqu'un qui interprète parfaitement ses pensées. 

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vendredi, janvier 05, 2007

The big joke de la justice française face aux problèmes des femmes battues

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(L'histoire de Léa, 1ère partie, tirée d'un fait réel)

C’est l’histoire d’une femme, appelons-la Léa. Elle a 27 ans, deux enfants de 6 et 2 ans. Elle aime les livres d’Ana Gavalda, la musique de Rafaël et les crèpes, mais personne ne le sait. Léa n’a pas d’amis. Elle n’a rien. Juste un grand secret qui lui dévore chaque jour davantage le peu d’estime qu’elle a d’elle-même et de la vie : Léa est une femme battue. 7 ans qu’elle subit les coups de son conjoint. Les morsures, les coups de pieds dans son ventre de femme enceinte, les insultes, les humiliations, je ne vais pas m’étaler sur le sujet, c’est toujours la même chose. Elle a essayé de partir, mais il a pleuré, il lui a demandé de lui pardonner, et comme il savait la manier, après tout c’est lui qui avait modelé la conscience de sa victime, elle est toujours revenue. Une fois pourtant elle avait vraiment cru qu’elle s’en sortirait mais au bout de 5 mois, alors qu’ils devaient débattre de la garde de leur premier enfant, une juge complaisante l’avait convaincue qu’un enfant n’était bien qu’avec son père et sa mère, et comme son bourreau s’était écroulé en larmes, elle n’avait pas pu résister. Deux jours plus tard, la mère de Léa, écoeurée, avait joint la juge pour lui demander des comptes. Voici la réponse que celle-ci lui donna : « occupez-vous de vos affaires et laissez-les vivre leur vie ». Lorsque le policier responsable du dossier appela à son tour la juge, il s’avéra qu’elle n’avait pas même consulté le dossier du bourreau (28 ans et déjà 35 condamnations à son actif). Fucking joke.

Alors vous pensez bien elle a honte. Elle a déçu ses parents qui l’avaient tant aidée. Alors quand deux ans et quelques cicatrices plus tard, les coups n’ont pas cessé, elle décide, un soir de dérouille, de prendre son fils d’un an dans les bras pour s’enfuir loin de la maison. Elle trouve refuge dans un foyer de femmes battues qui l’hébergent quelques jours. Mais comme au bout d’une semaine elle est toujours là, une des assistantes sociales lui fait gentiment remarquer qu’elle ne peut pas éternellement rester dans cet abri. Alors, sans argent, sans connaissance, sans rien, quel autre choix at-elle que celui de revenir dans la gueule du monstre ?

On dit toujours qu’on ne peut pas aider quelqu’un qui ne veut pas être aidé. Je suis tout à fait d’accord. On peut supporter quelqu’un moralement mais on ne peut pas l’obliger à choisir tel ou tel chemin. Souvent c’est lorsque cette personne elle-même sent qu’elle est prête, qu’elle pourra lutter jusqu’au bout.

Un jour donc, alors qu’il la massacre à coups de ceintures, elle réussit à se sauver. Elle va sonner au foyer à 3h du matin. « il n’y a pas de place, désolé », lui dit-on. Alors tremblotante, le coeur déchiré, elle s’en va dormir avec deux autres femmes battues, elles aussi refoulées du foyer (on ne leur a même pas ouvert le portail), dans un wagon abandonné de la gare. Cette fois-ci elle ne veut pas retourner. Elle pense à ses enfants, sa seule raison de vivre. Qu’elle subisse une telle terreur, elle peut vivre avec ça, mais ses enfants, même s’ils ne sont pas (encore) battus, devraient avoir une chance d’une vie meilleure. Décidée, elle met tout de même une semaine avant d’appeler, honteuse, ses parents.

Deux enfants de 6 et 2 ans tous seuls dans un appartement avec un monstre qui n’en a jamais glandé une. Elle veut envoyer la police mais ils lui disent qu’ils ne peuvent pas intervenir puisque c’est sa parole contre la sienne (la parole d’une mère sans casier contre celle d’un mec avec 35 condamnations n’est-elle pas suffisante, p*****, je sais pas ce qu’il leur faut ?). Alors elle va voir la brigade des mineurs qui ne trouve rien d’autre à faire que de la traiter de mauvaise mère (ce qu’une femme battue au psychisme très fragile qui a finalement décidé de se sortir de l’enfer n’a vraiment pas besoin d’entendre, mais je me demande vraiment où est l’humanité dans le coeur de ces gens qui ont à priori le pouvoir de changer les choses ? ). Alarmés par l’horreur des accusations de Léa, ils vont voir les enfants. Mais le monstre sait y faire. Démontrant une quiétude extraordinaire, il parvient à les convaincre que les enfants ne sont pas en danger (pourtant c’est un alcoolique et un drogué mais le matin, pensez-vous, il n’est pas encore en crise)...c’est quand même incroyable que des gens supposés professionnels soient si faciles à leurrer. Du coup on répète à Léa qu’il s’agit de sa parole contre la sienne. Il faut attendre le jugement. Un mois. Un mois sans voir ses enfants. Un mois entier qu'on donne impunément au tortionnaire pour bourrer le petit crâne des enfants de mensonges douloureux: le soi-disant abandon de leur mère, la haine de leurs grand-parents.

Vous pensez que les femmes battues sont aidées. Après tout on en parle tout le temps dans les journaux. On connaît même les statistiques par coeur...mais il n’y a rien : très peu ou parfois pas de foyer d’accueil même dans les grandes villes, aucun soutien psychologique, aucune aide sociale (pour la recherche urgente d'un toit parce qu'une femme qui s'est sauvée de sa maison ne peut pas récupérer ses enfants tant qu'elle n'a pas d'appartement), quant à la justice, si vous n’avez pas la chance d’avoir un minimum de moyens, vous ne pouvez payer ni de logement ni d’avocat, vous n’avez donc aucune chance. Mais Léa en a de la chance (enfin dans sa malchance), ses parents ont un petit d’argent, oh pas grand chose c’est qu’ils ont travaillé si dur depuis l’âge de 14 ans, alors ils lui paient une chambre de 10 m² dans laquelle elle pleure du matin au soir à en devenir folle, et ceci jusqu’au procès. Qui tarde. Et comme la vie coûte cher, le père de Léa, à soixante ans, doit trouver un autre travail. Ceci parce que la justice est lente, si lente...surtout pour les gens bien. Il ne faut donc pas que de l’argent pour s’en sortir, il faut de la patience, beaucoup de patience parce que assistantes sociales, juges, flics, avocats... tout le monde s’en fout.

Après on s’étonne qu’une femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son mari...

 

PS: Je viens de lire un article sur LE MONDE du 3 janvier 2007 où il était question de proposer une loi plus rigoureuse pour aider les femmes battues et punir leur bourreau plus rapidement en créant un tribunal qui ne s'occuperait que de ce genre d'affaires. L’article est comme toujours très bien écrit...mais les mots ne suffisent pas. Je vous assure qu’il faut bien plus pour aider ces pauvres femmes. Ségolène Royal parle d’en faire sa priorité si elle est élue. Et si elle ne l’est pas ? Tout continuera-t-il comme avant ?

 

jeudi, janvier 04, 2007

Qui doute encore du rêve américain?

medium_Schwarzenegger.jpgChroniques américaines

Les gens rient toujours quand je leur confesse que, pour moi, le représentant charnel du succès est Arnold Schwarzenegger. Ce tas de muscle républicain ? s’exclame-t-on. Même mon caniche est plus intelligent. Je les laisse médire, ces esprits prosaïques, parce qu’ils ne savent pas se dépaître des préjugés pour voir derrière les apparences afin de connaître l’homme, ses idées, ses rêves et la réalisation de ses propres ambitions.
Schwarzie est né à Graz, une petite ville dans un des plus petits pays d’Europe, à savoir l’Autriche (pour les nuls en géo).
A une époque où les muscles n’étaient pas encore à la mode, il parvient à se démarquer et devient Mr Univers puis Mr Olympia six fois consécutives, lui faisant acquérir le statut de légende dans le milieu si souvent incompris du culturisme. Certains diront : pfff, ces tas de muscle sans cervelle qui s’âbiment le corps (à mon avis moins que fumer toute la journée en arrosant ses repas de vin, mais bon...). Là encore, je leur ferai remarquer qu’ils ne devraient pas critiquer un monde dont ils ne connaissent pas les règles. Le culturisme, tout comme les autres domaines sportifs ou autres, est intéressant à explorer parce qu’il montre un certain aspect de l’humanité. Pourquoi donc renier une part de nous ?
Quoiqu’il en soit, idiot, Arnold ne l’est certainement pas puisque, non satisfait de son statut d’idole dans le monde des body-builders, il décide d’embrasser le cinéma, aidé par son humour et sa sympathie, pour devenir en l’espace de quelques années l’acteur le mieux payé d’Hollywood.
Les médisants continueront à critiquer ses dons d’acteur mais je connais d’excellents comédiens qui sacrifiraient volontiers une part de leur talent pour un dizième des gains du Terminator.
Finalement, à l’âge où les muscles commencent à s’affaisser, il choisit de ployer vers la politique, certainement influencé par sa femme, descendante des Kennedy. Et non seulement il est élu gouverneur d’un des états le plus adulé du monde (à savoir la Californie), mais en plus il est réélu à une majorité écrasante.

A ce qu’il devienne président, il n’y a qu’un pas...

On peut aimer ou mépriser Schwarzanegger, on peut apprécier ou détester ses films, on peut corroborer ou réfuter ses idées, on peut applaudir ou railler ses actions politiques, mais on ne peut certainement pas ignorer sa réussite sociale.Tiens, soudain je ne les entends plus, les médisants.

mercredi, janvier 03, 2007

Comment se f***** de la gu**** du peuple en une leçon

Chroniques brésiliennes

18/12/2006

Il semblerait que j’aie parlé trop vite lors de mon dernier post au sujet de l’augmentation des salaires des parlementaires brésiliens de 91% (voir post du 17/12). Eberluée par la léthargie des brésiliens, j’avais pensé leur envoyer une poignée de français, rois des manifestations, afin de secouer toute cette aberration, cet abus de pouvoir parce que c’est bien ce dont il s’agit. Les députés sont censés représenter le peuple. Or en augmentant leur salaire d’une manière aussi indécente, ils ne représentent personne, à part naturellement leurs propres intérêts. Ils partent du principe qu’ils ont le pouvoir de faire ça, alors ils le font.

Les brésiliens sont donc descendus dans la rue pour exprimer leur indignation. Une petite poignée de brésiliens, les autres se contentant d’exprimer leur frustration en restant chez eux. Mais leur nombre ridicule n’a évidemment effrayé personne et les députés ont maintenu leur décision. Mais pour ne pas faire de jaloux, ils ont parlé de considérer l’augmentation du salaire minimum de 8 reais (3 euros), il passerait donc de 350 à 358 reais (150 à 153 euros)...si ça c’est pas se f***** de la gu**** du peuple!!!

mardi, janvier 02, 2007

Les sans-culottes révolutionnaires qu’il manque aux brésiliens

medium_revolution2.jpgChroniques brésiliennes

15/12/2006 

 

Les parlementaires au Brésil viennent d’augmenter leur salaire de 91%. Sympa. Les députés fédéraux, par exemple, se feront dorénavant plus de 100000reais (45000euros) par mois (les substituts de députés approchent, eux, déjà les 40000euros) dont 45000reais (20000euros) officiels, le restant étant les primes de voyages, l'école des enfants, les employés de maison et autres inepties (sans en plus compter l’argent de poche de certains corromptus)...et ceci un mois après la réélection de Lula qui est tout de même supposé représenter les pauvres ou tout du moins le peuple. Vous pensez qu’une telle nouvelle génèrera des manifestations. Pensez-vous. On est habitués au Brésil. A chaque fois qu’un président se vante d’augmenter le salaire minimum ( comme le fit Lula en 2006 de 50 reais (20euros), permettant que celui-ci atteigne la somme déplorable de 350reais (150euros)), il ne dit pas qu’il augmente également celui des fonctionnaires de 1000 à 10000reais (400 à 4000euros). Mais évidemment tant que les plaintes du peuple ne se traînent pas jusque dans la rue, pourquoi ne pas continuer ?

Du coup les contrastes s’accentuent.

Dans les banques, par exemple, le taux d’intérêt n’est pas le même pour tous. Il varie en fait en fonction de la quantité d’argent qu’on y dépose. C’est pour ça que quelqu’un qui place beaucoup d’argent à la banque peut compter sur des intérêts allant jusqu’à plus de 20% par an. Et ne croyez pas à la générosité de Lula quand il rappelle qu’on lui doit l’ouverture facile des crédits pour les moins fortunés, parce qu’il s’agit d’un cadeau empoisonné, d’une tactique détournée pour remplir les poches de l’état et celles des banques, les gens ne sachant pas gérer leurs dix cartes de crédit dont ils ne cessent de payer des agios exorbitants qui leur sont finalement retirés automatiquement de leur salaire.

Personnellement je pense, qu’en y mettant du sien, on pourrait amoindrir la pauvreté et éradiquer la corruption au Brésil mais tant que le pays continuera à être dirigé par les riches, qui font eux-mêmes les règles et qui naturellement veulent surtout ne rien changer, je ne vois pas comment ce sera possible.

C’est pourquoi au Brésil les riches sont toujours plus riches et les pauvres toujours plus pauvres. A quand une révolution qui fasse changer tout ça ?

 
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