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mercredi, janvier 24, 2007

Arrivée à Paris

medium_doisneau_2_s.jpgParis. La cité de l’amour. La maquerelle du monde. Le refuge des artistes maudits : Oscar Wilde, Jim Morrison, Modigliani, autant d’incompris qui choisirent la ville où même la débauche est un art comme dernière escale pour mourir. Paris. La ville qui mourut mille fois pour renaître plus libertine, plus révolutionnaire, plus intrépide que jamais sur les lèvres de poètes maudits, le pinceau de peintres bohème ou la plume taquine d’écrivains exilés. Paris, finalement, qui n’en finit pas d’accueillir en son sein les expatriés du monde entier, émerveillés par sa myriade de lumières, à la recherche illusoire d’un peu de rêve et de respect.

Il n’y a pas de comité d’accueil à mon arrivée. Pas de feux d’artifice pour célébrer ma venue. Juste la grisaille. Les ombres pressées qui se bousculent sans s’excuser comme pour fuir la mort chaque jour plus proche. Les visages moroses dans le métro. Les journaux mouillés dégoulinants de tristesse comme les nouvelles qu’ils annoncent. Les livres cornés, lus debout au milieu de bras, d’aisselles, d’haleine hostile, pour échapper, l’espace de quelques mots, à la réalité. Les pickpockets, sous l’aspect de banals fonctionnaires, qui arpentent les quais à l’affût du touriste idéal à voler. Les banlieusardes qui guettent du coin de l’oeil la bourgeoise à railler. L’employé zélé, engoncé dans son imper usé, qui maudit les passants. La contractuelle sans coeur qui attend l’automobiliste hostile sur qui déverser sa rancoeur. L’immigré sans papier qui, transi de froid, se souvient de ses pieds nus sur le sable chaud de son pays d’enfance à un âge où l’argent ne comptait pas. La provençale, fraîchement débarquée, qui arpente les Champs-Élysées à la recherche d’un peu d’amour, de gloire et de beauté. Puis le clochard poète qui observe ce petit monde affolé, un mystérieux sourire sur les lèvres.
Mon esprit fonctionne à cent à l’heure. J’enregistre les mouvements, les bribes de conversation, les soupçons de trafic. Tellement de monde. Tellement d’histoires. Tellement de matière.

Commentaires

Bonjour Gipsy,
Personne ne peux exprimer le plaisir que j'ai eu à découvrir ton blog. Il est à ton image, plein de couleur et de liberté, j'èspère sincèrement que tout ceux qui le visiteront y verront l'aspiration à la liberté que tu réprésentes, ainsi que l'hymne à la vie que tu véhicules depuis tant d'année.
Pour ceux qui ne connaissent pas Gipsy, elle est ce qui reste d'enfantin en chacun de nous, avec le parfum d'une brise d'été.
Elle en bavée Gipsy, elle a donnée d'elle, elle s'est toujours battue pour les gens qu'elle aime et surtout elle est restée fidèle à elle-même. Elle fait partie de ces rares personnes dont le coeur a sû rester pur, malgré l'horreur et la méchanceté.

Écrit par : sappho | mercredi, janvier 24, 2007

Ah ! Paris qui n'en finit pas de faire rêver les êtres du monde entier (ou presque) mais qui ne fait plus rêver les parisiens eux-mêmes. Il y a ceux qui donneraient tout pour y venir et ceux qui ne rêvent que de quitter cette citadelle anémiée. Les auteurs maudits vinrent y trouver refuge, tu as raison, se contemplant dans le miroir aux alouettes que leur tendait Paris. Beaucoup y sont morts, tu as encore raison, excès de rêves ? ou bien désenchantement fatal ? Paris n'est plus la ville des artistes... peu à peu elle a grignoté leur part d'insolence qui les rendaient si talentueux... J'aime ton papier dans lequel flotte une légère mélancolie. Du coup, je me suis sentie nostalgique... Hasta la vista !

Écrit par : Frankie | mercredi, janvier 24, 2007

Les commentaires sont fermés.

 
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