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mardi, janvier 09, 2007

Vengeance d'écrivain

(Extrait d'un manuscrit)

medium_Weinende_Frau_Picasso_.jpgLe grincement du gond de la porte d’entrée m’arrache à ma douce litanie. La collègue que je méprise le plus fait son entrée. Il s’agit d’une petite boule de femme, tout en méchanceté, d’une cinquantaine d’années, moche comme un pou et qui exsude d’horribles émanations de tabac froid mêlé de transpiration. Son boulot est de fureter derrière notre dos à l’affût de nos moindres erreurs.

Elle s’assoit sur un fauteuil du hall d’entrée en me jetant un coup d’oeil acrimonieux.

Je lui rends la pareille avant de fermer les yeux. Quand je les ouvre à nouveau, une armoire à glace, le corps emprisonné dans un immense serpent tatoué dont la gueule s’ouvre sur sa pomme d’Adam, lui écrase la figure sur la table, un couteau à quelques millimètres de ses yeux horrifiés. Un silence meurtrier emplit la pièce, anesthésiant les rares insectes qui y volent. L’homme à présent lui arrache ses vêtements découvrant une peau vérolée fondant sur un corps rachitique. Elle le supplie de ne pas lui faire de mal, elle ferait ce qu’il lui demanderait. Il ricane. Ce qu’il veut, c’est sa mort. Alors si elle voulait bien arrêter de gigoter, ça lui rendrait service. Elle hurle au désespoir, se pisse dessus, s’arrache les cheveux, mais l’homme est fort. Patiemment, il attend que ses forces s’épuisent avant de lui trancher la gorge. Il laisse alors tomber le corps inerte qui s’aplatit sur le sol en un bruit sourd. Quand il quitte la pièce, je sors de sous mon bureau pour m’approcher précautionneusement du supposé cadavre. Or elle n’est pas morte. Les deux mains autour de son cou charcuté, l’agonisante essaie de parler. Appelle une ambulance, balbutient ses lèvres. Je ne comprends pas, désolée, lui mens-je en la regardant s’étouffer dans son propre sang. Je ricane encore...

...quand une voix suraiguë m’extirpe de mes pensées.

-Qu’est-ce que tu as à ricaner comme une ânesse, me dit ma collègue la laide.

-Une ânesse ça hennit, ça ne ricane pas, lui rétorqué-je en la fusillant du regard.

 Mon imagination l’a faite mourir trop vite, cette conne. Dans ma version corrigée, Kanton, le tueur sadique d’un de mes livres, la travaillera au fer à souder. Ça lui apprendra.

  


 

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